
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a effectué, lundi 12 octobre 2026 à Cotonou, sa rentrée judiciaire au titre de l’année 2026-2027. Placée sous le thème « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits fondamentaux et efficacité répressive », cette audience solennelle a mis en lumière la nécessité de concilier la répression des infractions avec le respect de la dignité humaine.
La cérémonie a réuni plusieurs personnalités, dont la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata Yérima Zimé, des députés et des acteurs du système judiciaire. À cette occasion, le président de la CRIET, Édouard Cyriaque Dossa, a rappelé la portée institutionnelle de cette rentrée, qu’il considère comme une affirmation de la continuité de l’État de droit. Le bâtonnier Zakari Baba Body a également souligné l’importance de ce rendez-vous pour l’évaluation des pratiques judiciaires et le renouvellement de l’engagement des professionnels en faveur de la justice, de la liberté et de la paix sociale.

L’intervention du procureur spécial près la CRIET, Elom’n Mario Metonou, a particulièrement retenu l’attention. Réaffirmant la détermination du parquet à lutter contre les atteintes à la fortune publique, le terrorisme et les violences sexuelles, il a insisté sur la nécessité d’une répression rigoureuse, sans dérive procédurale. « Entre le laxisme et la terreur, il existe une troisième voie, noble et exigeante : celle de la proportionnalité », a-t-il déclaré, résumant ainsi l’orientation défendue pour la nouvelle année judiciaire.
Pour le procureur spécial, la lutte contre les infractions les plus graves ne saurait justifier un quelconque arbitraire. La fermeté de l’action judiciaire doit aller de pair avec le respect des droits fondamentaux et de la condition humaine. Cette approche place la proportionnalité au centre de la réflexion sur l’efficacité de la justice pénale.
La rentrée a également permis de faire le point sur l’activité de la juridiction. Au cours de l’exercice écoulé, la CRIET a enregistré 3 849 plaintes et procès-verbaux, contre 3 067 l’année précédente, soit une augmentation de 25,50 %. Cette progression traduit une hausse du volume des dossiers portés à la connaissance de la Cour.Pour l’année judiciaire 2026-2027, le défi sera de répondre efficacement aux exigences de la lutte contre la criminalité économique et le terrorisme, tout en préservant les garanties fondamentales des justiciables. À travers le thème retenu, la CRIET place ainsi la recherche d’un équilibre entre efficacité répressive, proportionnalité des mesures et respect de la dignité humaine au cœur de ses priorités.
_Romaric DOSSA
